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ASSURANCE SUR LA MORT

ASSURANCE SUR LA MORTAnnée : 1944. Durée : 107 mn Pays: USAGenres: Crime / Thriller / Film-Noir Réalisateur: Billy Wilder Scénaristes: James M. Cain, Billy Wilder, Raymond Chandler Compositeurs: Miklós RózsaActeurs: Fred MacMurray (Walter Neff), Barbara Stanwyck (Phyllis Dietrichson), Edward G. Robinson (Barton Keyes), Porter Hall (Mr. Jackson), Jean Heather (Lola Dietrichson), Tom Powers (Mr. Dietrichson), Byron Barr (Nino Zachetti), Richard Gaines (Edward S. Norton, Jr.), Fortunio Bonanova (Sam Garlopis), John Philliber (Joe Peters)... L' HISTOIRELos Angeles. Dans les bureaux de la compagnie d'assurances "Pacific All-Risk", Walter Neff se confesse à un dictaphone...Quelques mois plus tôt, Walter Neff, un jeune agent d'assurances, fait la connaissance de Phyllis Dietrichson. Cette dernière souhaite assurer son mari sans que ce dernier le sache. Walter devient alors soupçonneux. Phyllis est jalouse de Lola, la fille de son mari, et Dietrichson signe une police d'assurance sans savoir qu'il s'agit d'une assurance sur la vie établie par Phyllis et dont le montant est de 50 000 dollars.Walter devient l'amant de Phyllis et ils préparent tous les deux un plan pour se débarrasser de Barton Keyes, l'assureur dont dépend Walter. Ce dernier s'occupe de l'affaire mais les preuves lui manquent. Phyllis trompe Walter avec Nino Zachette. Walter comprend trop tard qu'il n'a été que le jeu de Phyllis. Il l'abat et, mortellement blessé, fait au dictaphone une déclaration complète destinée à Barton Keyes...LA PETITE HISTOIRELe problème le plus délicat que Billy Wilder ait eu à résoudre en préparant ASSURANCE SUR LA MORT fut paradoxalement le choix de sa vedette masculine. Dès le début, Wilder pensa à Fred Mac Murray, qui était sous contrat à la Paramount et dont il voulait changer le personnage habituel, celui d'un héros de comédie. Redoutant ce changement qui aurait risqué de choquer son public, Fred Mac Murray refusa aussitôt le rôle et Wilder le proposa sans succès à Alan Ladd puis à George Raft. Wilder décida alors de revenir à la charge auprès de Fred Mac Murray, qu'il harcela jusqu'à ce que ce dernier finisse par accepter, persuadé que la Paramount s'opposerait à ce choix qui était peur lui un véritable contre-emploi. Mais les dirigeants de la Paramount qui trouvaient depuis quelques mois Fred Mac Murray très irritable et trop ambitieux entérinèrent ce choix... Mac Murray devait avouer quelques années plus tard à propos d'ASSURANCE SUR LA MORT : "Je n'avais jamais pensé que ce serait le meilleur film de ma carrière!" Toutefois, Wilder éprouva également quelques difficultés à travailler sur le scénario avec Raymond Chandler, le grand romancier auteur du "Grand Sommeil", de "La Dame du lac" et de "Adieu ma jolie", créateur du détective privé Philip Marlowe. Chandler, qui ne fut pas plus heureux avec Alfred Hitchcock pour L'INCONNU DU NORD-EXPRESS, en parle dans ses "Lettres" (Éd. Christian Bourgois). Wilder et les patrons de la Paramount jugèrent trop dure la séquence finale de l'exécution de Walter Neff et la remplacèrent par la fin que l'on peut voir aujourd'huiANALYSE DU FILM Note de service : Walter Neff à Barton Keys, chef du contentieux. Los Angeles, 16 juillet 1938. Mon cher Keys, tu appelleras surement ça une confession. Je n’aime pas ce mot. Je veux juste te raconter. Ca s’est passé sous ton nez et tu n’as rien vu. Tu crois flairer les arnaques à l’assurance comme personne ? Peut-être bien mais regardons l’affaire Dietrichson. Accident. Double indemnité. Tes premières conclusions n’étaient pas mauvaises. Ce n’était pas un accident. Ok ! Ce n’était pas un suicide. Ok ! C’était un assassinat. Ok ! Tu pensais avoir tout résolu. Emballez, c’est pesé avec un joli ruban rose. Tout était parfait sauf que tu as fait une erreur. Une toute petite erreur. Tu t’es trompé d’assassin. Tu veux savoir qui a tué Dietrichson ? N’avale pas ton mauvais cigare. C’est moi qui l’ai tué. Moi, Walter Neff, courtier en assurances, 35 ans, célibataire, pas de cicatrices…jusqu’à récemment. Oui je l’ai tué. Pour de l’argent et pour une femme. Je n’ai pas eu l’argent…et je n’ai pas eu la femme. Bien joué non ? Tout a commencé en mai dernier…vers la fin mai. J’étais allé livrer une police d’assurance. Sur le retour, j’ai repensé à un client, une police auto. Je suis allé y faire un saut. C’était une de ces maisons espagnoles dont on raffolait il y a 15 ans. Elle avait du coûter 30000 dollars à quelqu’un, s’il avait fini de la payer… Ce monologue qui ouvre Double Indemnity, c’est donc celui de l’agent d’assurances, Walter Neff, qui, mortellement blessé par une balle dans le corps, ayant péniblement réussi à regagner son bureau, se met au dictaphone pour y enregistrer sa confession. A partir de ces seules cinq premières minutes constituant le prologue, il serait presque possible d’étudier le film dans son intégralité par une explication de texte et d’analyse filmique et, à travers ceux-ci, faire ressortir les principaux éléments constitutifs du film noir (mystère, atmosphère nocturne, fatalisme prégnant, ambiance tragique et mortifère…) ainsi que les bouleversements et évolutions que Double Indemnity lui a apporté. Car le troisième film de Billy Wilder change radicalement la donne et, comme Le Faucon maltais (The Maltese Falcon) de John Huston trois ans auparavant, fait véritablement repartir le genre sur de nouvelles bases, lui ouvrant des espaces narratifs encore inexplorés et oh combien passionnants ! Depuis, le film noir l’a repris à son compte des milliers de fois mais (avec Citizen Kane dans un autre registre) c’est vraiment Assurance sur la mort qui a lancé la mode de la voix off et du flashback pour briser la linéarité du récit policier et du suspense. Suspense qui ne repose plus désormais forcément sur l’identité du coupable (puisque nous le connaissons ainsi que son échec final dès les premières minutes par l’intermédiaire du soliloque recopié ci-dessus) mais sur le pourquoi et le comment de l’assassinat. Sachant dès le départ qu’il y a eu crime, qui a tué et qui a été tué, il était difficile d’imaginer que nous aurions encore énormément de coups de théâtre à nous mettre sous la dent. C’était sans compter sur ce brillant exemple de narration, cette mécanique hors pair et parfaitement huilée que nous avaient concocté Billy Wilder et Raymond Chandler d’après un roman sulfureux de James Cain, lui même tiré d’un banal fait divers, l’assassinat en 1927 à New York d’un homme par son épouse et l’amant de celle-ci. Billy Wilder avait comme ambition d’arriver à concurrencer celui qu’on appelait déjà ‘le maître du suspense’ et à se hisser à son niveau ; Hitchcock lui-même a avoué après avoir vu son film qu’il avait parfaitement gagné son pari, ne tarissant pas d’éloge sur cette œuvre. On peut même avancer, sans vouloir choquer les admirateurs d’Hitchcock (dont je fais partie), que Billy Wilder fait ici jeu égal avec lui concernant ‘la direction de spectateurs’. En effet, malgré le désamorçage du suspense avant même que l’intrigue ait réellement débuté et le sentiment d’inéluctabilité qui s’impose d’emblée, le scénario demeure assez puissant pour nous faire croire l’espace de quelques séquences que le destin pourra néanmoins en être autrement. Preuve supplémentaire, malgré l’immoralité et la ‘froideur mécanique’ du couple meurtrier, on désire presque parfois qu’ils réussissent non seulement à accomplir leur méfait mais aussi à s’en sortir ; voire l’exemple mille fois pillé par la suite de la voiture qui ne veut pas démarrer à un moment pourtant crucial. A cet instant, notre respiration demeure suspendue et nous souhaitons fortement que le moteur vienne à repartir car, il faut se rendre à l’évidence, nous éprouvons une certaine empathie pour ces ‘amants diaboliques’ liés par l’argent et les sens ! Double Indemnity n’est donc pas qu’un simple exercice de style puisqu’il arrive à faire prendre chair à de vulgaires tueurs sans scrupules.Et assurément, Assurance sur la mort est bien plus qu’un remarquable suspense parfaitement maîtrisé. C’est aussi le récit d’un crime par son assassin, d’un duel d’intelligence entre celui-ci et l’enquêteur (qui n’est autre qu’un de ses supérieurs) et le portrait d’une nouvelle sorte de meurtrier qui bouleverse les préjugés d’alors : un américain moyen à l’aspect plutôt terne mais néanmoins assez beau gosse, sorte de gendre idéal, à priori sympathique ; un meurtrier d’une incroyable roublardise motivé par le sexe (la femme fatale), l’argent facile et l’ambition d’arriver à arnaquer les assurances pour lesquelles il travaille, pensant en connaître tous les rouages. Bref, une volonté pour Neff de vivre aisément sans plus travailler et pour le film d’échapper au style glamour de la production hollywoodienne de l’époque par la description réaliste (façon fait divers étalés à la une des quotidiens), ironique et désenchantée d’une descente aux enfers à l’inexorable déroulement et à l’issue fatale écrite par avance en gros caractères.Par son récit, véritable plaidoyer adressé à Keys et au spectateur pour essayer d’apaiser sa conscience en justifiant ses actes par des circonstances atténuantes, Neff tente de faire reposer la responsabilité principale de son méfait sur les épaules de Phyllis, sa compagne meurtrière. C’est là que nous entrevoyons toute la captivante ambigüité de l’utilisation de la voix off, ici parfois démentie et contredite par les images de la réalité (plus tard, Kubrick l’utilisera de la même manière dans Barry Lyndon mais en sens inverse, l’ironie étant cette fois du côté de la voix off). Nous nous rendons ainsi vite compte qu’il ne s’agit pas entièrement d’un crime sous influence de la passion (Neff est trop cynique pour se faire entièrement ‘manipuler’ de la sorte) mais que l’implication de Neff dans le crime est au moins aussi forte que celle de sa future amante, lui ayant soumis lui-même l’idée du meurtre, de son déroulement et des bienfaits qui en découleraient. La sensualité animale de l’apparition de Phyllis, nue drapée d’une serviette éponge, et l’érotisme bestial qui se dégage de tout son être, avec pour attributs son bracelet de cheville, son parfum de chèvrefeuille et sa blondeur vulgaire, ont certainement accéléré le processus dans son esprit mais on peut raisonnablement penser que Neff avait déjà cogité l’idée auparavant, attendant une opportunité qui s’est justement fait jour avec la rencontre de cette femme malheureuse en ménage, malade de jalousie envers sa belle-fille et outrageusement attirante.



ROLAND F.

"Voici l 'heure de la quiétude et de chanter, face à face avec toi, la consécration de ma vie, dans le silence de ce surabondant loisir." (Rabindranath Tagore)

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